Pauvreté Design et Perdriau

Les récents chiffres de l’Observatoire des Inégalités le montrent : Saint-Étienne au-delà des fastes de la cité du design, souffre de la pauvreté.

Quelques explications sur les différentes données qu’on trouve sur le site comparateur de territoire *.

Le coefficient de Gini  est une mesure des inégalités, c’est un nombre variant de 0 à 1, où 0 signifie l’égalité parfaite et 1 signifie une inégalité parfaite ; avec 0.28  Saint Étienne est proche de la moyenne française qui est de  0.29. Les inégalités seraient donc dans la moyenne entre stéphanois(e)s !

Toutefois, une commune égale et homogène n’est pas forcément un bon signe. En effet, avec un taux de pauvreté de 14.69 en France et de 22.53 à Saint Étienne, il semblerait que nous soyons plus ou moins « égaux » mais dans la pauvreté.

Ce qui est confirmé par le fait que nous sommes largement en dessous de la moyenne nationale en ce qui concerne tous les revenus (par exemple pour les 10 % les plus pauvres 890 Euros moyenne nationale, 772 à Saint Étienne).

Qui est responsable de cette situation ? l’économie mondiale ? les politiciens ? A cette question on peut répondre beaucoup plus précisément.

La politique du logement social, l’investissement dans la petite enfance, auprès de la jeunesse ou l’action sociale… sont des éléments qui relèvent directement des collectivités locales. Or dans ces domaines, on constate surtout des efforts pour des logements de standing et des immeubles d’entreprises, des fermetures de structures sociales de quartier.

Il y a donc là une responsabilité directe des élus locaux.

Mais pour être encore plus précis et plus pertinent dans l’analyse de la pauvreté et des inégalités, il faudrait observer la situation quartier par quartier et notamment au niveau des quartiers ségrégués (Montreynaud, quartier sud-est, la Métare, Terrenoire…), et là les disparités sont fortes même au sein d’ un même « quartier » (10 000 euros de différence de revenu annuel entre deux sous-quartiers de Terrenoire par exemple*).

Les investissements de l’état ou des collectivités locales sont fortement différenciés suivant les territoires. La troisième ligne de tram qui ne dessert aucun de ces quartiers (mais est quasi parallèle à une autre ligne de tram) est encore un investissement qui participe à cette relégation. Il y a des villes pauvres mais aussi des quartiers très pauvres mal pourvus en service public.

La politique municipale produit un développement de quartiers trop différenciés, entre des zones très résidentielles ou d’affaires inaccessibles aux populations à faibles revenus et des quartiers populaires que les ménages ayant un peu plus  de ressources quittent. Cette politique de zonage, considérée aujourd’hui comme rétrograde par beaucoup d’urbanistes crée des zones défavorisées. Elle augmente aussi considérablement les besoins de déplacement (c’est notamment le cas pour les méga zones commerciales, tel le monstrueux projet Steel).

Les tensions que génère cette ségrégation sont donc largement imputables à la politique locale. Le développement du tout sécuritaire, avec plus de caméras et de police municipale armée, ne résoudra pas un problème dont les racines sont sociales.

Quel rapport avec le design ?

Et bien aujourd’hui, on estime au niveau national, le nombre de structures dans le domaine du design à 33.000 avec un nombre de designers exerçant leur activité à titre principal de 55.000. Il s’agit donc d’un secteur de faible importance en matière d’emplois (à titre de comparaison  440 926 pour le secteur agro-alimentaire).

Alors Saint Étienne sauvé du chômage et de la pauvreté par le Design ? Ce serait étonnant, très étonnant. La com ne fait pas tout Monsieur Perdriau !

*Il s’agit de Janon et des Hauts de Terrenoire (Maugara pour les plus anciens).

*Vous pouvez tester votre commune ici:

http://www.comparateur-territoires.fr/niveaux-vie/

Les commentaires sont fermés.